C est pas du voyage ça ?
Vu au coin de notre rue...

Entre philosophie et économie :
[...] Ce fétiche moderne qu'est l'automobile est bel et bien parvenu à occulter d'autres manières d'envisager la mobilité. On ne relira jamais assez le texte phare d'Ivan Illich, Energie et équité (1973), où le penseur de l'écologie politique assimile les déplacements et la recherche de la vitesse à une manie qui aboutit à dessaisir l'usager de son autonomie, confondant liberté de mouvement et liberté d'être transporté, dont la ''perception traditionnelle de l'espace, du temps et du rythme propre a été déformée par l'industrie''. Dans le même ordre d'idées, l'historien des techniques Jean Robert distingue vitesse de circulation et vitesse généralisée d'un mode de transport, laquelle tient compte de la quantité de travail nécessaire pour acquérir le moyen d'être transporté. Si l'on considère la vitesse généralisée comme le résultat de la division du kilométrage annuel effectué par le temps passé dans ce mode de transport et, à l'extérieur, à gagner de quoi le payer, seuls les très riches gagnent du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport. Résultat : les sociétés industrielles consacrent entre le quart et le tiers de leur budget-temps social à la production des conditions d'existence de la vitesse. C'est l'envers, encore largement impensé, de ce que le philosophe Peter Sloterdijk désigne comme ''l'automobilisation'' complète de la société : ''Qui conduit une voiture s'approche du divin, il sent son petit moi s'élargir en un Soi supérieur qui lui donne* en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait prendre conscience du fait qu'il a vocation à une vie supérieure à l'existence semi-animale du piéton'', ironise-t-il dans La Mobilisation infinie (1989). [...]
Autrement dit, le temps que tu passes à bosser pour te payer ta voiture, tu pourrais tranquillement le passer à vélo...
T avais déjà pensé à ça, toi ?
A plus.
Texte entre les [...] pioché ici

Entre philosophie et économie :
[...] Ce fétiche moderne qu'est l'automobile est bel et bien parvenu à occulter d'autres manières d'envisager la mobilité. On ne relira jamais assez le texte phare d'Ivan Illich, Energie et équité (1973), où le penseur de l'écologie politique assimile les déplacements et la recherche de la vitesse à une manie qui aboutit à dessaisir l'usager de son autonomie, confondant liberté de mouvement et liberté d'être transporté, dont la ''perception traditionnelle de l'espace, du temps et du rythme propre a été déformée par l'industrie''. Dans le même ordre d'idées, l'historien des techniques Jean Robert distingue vitesse de circulation et vitesse généralisée d'un mode de transport, laquelle tient compte de la quantité de travail nécessaire pour acquérir le moyen d'être transporté. Si l'on considère la vitesse généralisée comme le résultat de la division du kilométrage annuel effectué par le temps passé dans ce mode de transport et, à l'extérieur, à gagner de quoi le payer, seuls les très riches gagnent du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport. Résultat : les sociétés industrielles consacrent entre le quart et le tiers de leur budget-temps social à la production des conditions d'existence de la vitesse. C'est l'envers, encore largement impensé, de ce que le philosophe Peter Sloterdijk désigne comme ''l'automobilisation'' complète de la société : ''Qui conduit une voiture s'approche du divin, il sent son petit moi s'élargir en un Soi supérieur qui lui donne* en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait prendre conscience du fait qu'il a vocation à une vie supérieure à l'existence semi-animale du piéton'', ironise-t-il dans La Mobilisation infinie (1989). [...]
Autrement dit, le temps que tu passes à bosser pour te payer ta voiture, tu pourrais tranquillement le passer à vélo...
T avais déjà pensé à ça, toi ?
A plus.
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